5 septembre 2016

Ecrire

Fig 1. "Ecrire, c'est mettre en ordre ses obsessions"



 L'écriture a toujours fait partie de ma vie, en témoignent les dizaines de carnets intimes et les kilos de correspondances qui encombrent ma chambre chez mes parents.

J'ai tenu plusieurs blogs avant celui-ci, plus ou moins futiles ou agréables à lire, avant d'arrêter définitivement il y'a plus de sept ans.

C'est drôle parce qu'avec le recul, c'est le regard bienveillant de mon ex qui m'a permis d'améliorer ma prose les premières années, de me rendre compte de mes tics et maladresses. Je me suis transcendée pour simplement essayer de le toucher.

J'ai retravaillé mes textes pendant des heures pour parvenir à lui montrer quelque chose qu'il puisse considérer, ou à défaut apprécier un minimum.

Cela m'a permis de sortir de ma zone de confort et de m'essayer à des registres que je n'aurais pas envisagé sans lui. Entendons nous bien, il ne m'a jamais rien demandé de tout cela et tenait absolument à ce que je garde mon indépendance, dans ce domaine comme dans tous les autres. C'est moi seule qui ait essayé de rentrer dans son moule pour qu'il me flatte, et surtout qu'il m'estime.

Paradoxalement si ces années sont celles qui m'ont permis de véritablement progresser, c'est à cette époque que j'ai arrêté d'écrire. Je crois que je ne me suis jamais sentie légitime. Enfin si, jusqu'à mes 14 ans, j'étais pleine d'orgueil à chaque fois que je ramenais une super note d'expression écrite. Mes professeurs prenaient régulièrement mes travaux en exemple, je débordais de suffisance et d'amour propre.

Fig 2. On avait pas d'ipad nous à l'époque !
En classe de troisième on avait du écrire une critique de film. Comme à l'époque j'étais déjà cucu et fleur bleue, j'avais écrit une superbe éloge de "Moulin Rouge" qui était "juste trop bow quoi!". On a été deux à avoir la meilleure note ce jour là, moi et.. mon ex. (je sais, c'est plus poli de dire "mon ex et moi" mais c'était pour laisser courir un peu de suspense).

En lui rendant sa copie, la prof l'a bassement gratifié d'un "comme j'ai pas réussi à trouver sur quel site internet tu avais pompé ta critique j'ai été obligée de te mettre 18/20" (ce qui est drôle c'est qu'en en reparlant des années plus tard j'étais toujours énervée contre la remarque de la prof alors que dans sa tête c'était resté comme un beau compliment).

Je me suis retournée discrètement et je lui ai demandé de me montrer son travail. Franchement je m'en souviendrais toute ma vie je crois genre je l'ai lu, je me suis retournée pour le regarder, je l'ai relu, je me suis re-retournée. Mon cerveau oscillait entre "non mais c'est du génie d'avoir fait un pamphlet ironique au lieu des 26 autres déclarations d'amour cinématographique" et "comment j'ai fait pour être amie avec ce mec aussi longtemps sans m'être rendue compte de son talent" ?

Bref, vous l'avez tous vu arriver, le gros complexe d'infériorité que je me traîne depuis des siècles. Une fois en couple avec lui, je me sentais presque illégitime d'écrire. C'est drôle parce que je n'ai jamais été autant inspirée que quand j'étais amoureuse, j'aime beaucoup relire mes anciens articles, mais il aura fallu cette rupture pour que j'arrive enfin à écrire pour moi, sur moi, et sans autre jugement que le mien.

Fig 3. Scanner cérébral



2 commentaires:

Lucie Liébert a dit…

Et tu écris super bien meuf !

Leah Pearl a dit…

ohhh venant de toi c'est le plus beau des compliments <3

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