1 août 2016

L'autre rupture

Aujourd'hui je vais te parler rupture. Mais une fois n'est pas coutume, je vais te parler des ruptures en amitié.

Fig 1. Le bon goût
J'ai lu un article à ce sujet hier soir, et j'ai trouvé un des commentaires qui le suivait particulièrement juste. La personne expliquait que le fait de "rompre" avec un ami était bien moins admis en société que la rupture amoureuse, peut être parce qu'on n'accordait que peu d'importance aux sentiments amicaux et que ça pouvait paraître incongru de devoir couper les liens avec quelqu'un qui n'était "qu'un ami".


J'ai rompu avec ma meilleure amie du lycée il y a plus de 8 ans maintenant et je ne l'ai jamais regretté depuis. Je suis passée par toutes les étapes d'une séparation amoureuse (malgré ma faible expérience en la question, comme je te l'expliquais ici). D'abord il m'a fallu une bonne dose de courage (avec le recul je dirais même que ça a été un des actes fondateurs de mon adultisme) ce jour où j'ai dit "stop" au chantage affectif qu'elle exerçait sur moi, où j'ai arrêté de vouloir lui plaire à tout prix et faire un énième sacrifice pour sauver notre supposée amitié (je suis sûre que je ferais fureur avec mon témoignage à "Toute Une Histoire"!).

Puis il y a eu la phase de rejet, où je l'ai détestée, tourné en ridicule toutes les manies qu'elle avait, tous les nouveaux amis qu'elle flattait, où surtout je me suis détestée d'avoir tant donné dans cette relation à sens unique (sans écouter les gens qui essayaient de me mettre en garde, parce que les ados, ça sait tout mieux que tout le monde of course !). Je me mettais dans des états de stress pas possible à l'idée de la recroiser, jusqu'à me retrouver enfermée une après-midi entière dans la chambre de mon copain parce qu'elle avait eu à l'époque la bonne idée d'être en plan cul avec son colloc.

Puis le temps a passé et ma haine s'est transformé en indifférence, j'ai pardonné ses erreurs à l'ado que j'étais et j'ai passé l'éponge sur cette histoire. Bien sûr comme pour mes ex petits copains (ça fait très cul-cul dis comme ça!) il m'arrive toujours de fouiner sur facebook pour voir ce qu'elle devient et de ressentir une pointe de jalousie quand je vois qu'elle fait des trucs cool style partir à new york ou s'acheter des chaussures sympas (ça n'arrive pas si souvent que ça heureusement ^^), mais elle ne me manque plus et j'ai intégré le fait que ma vie était bien mieux sans elle.

Fig 2. Le bon goût #2

Pourquoi je vous raconte cette vieille histoire d'adolescente attardée aujourd'hui? Il s'avère qu'en rompant avec le gentil monsieur qui partageait ma vie depuis des siècles, j'ai également acté la séparation avec une de mes proches amies. En fait, j'avais pas vraiment rompu avec ma copine. Je lui avais écrit un message où j'assumais enfin de lui faire les reproches que je ressassais dans mon coin depuis des années, et précisé que tant qu'elle prendrait pas ses responsabilités dans ce conflit notre amitié était en stand-by.

Puis j'ai attendu. Qu'elle s'excuse, qu'elle m'envoie chier, qu'elle me supplie, qu'elle m'engueule, qu'elle me fasse des reproches à son tour. J'ai attendu. Un message, un appel, une lettre, un email, un passage à l'improviste. J'ai attendu. Une semaine, puis deux, puis trois.

Quand il m'a quitté, je n'ai pas pensé à elle tout de suite. Mon monde venait de s'écrouler et même si j'étais loin de le réaliser sur le moment, je comprenais que j'avançais dans quelque chose de gros et de durable. Une fois la première salve de larmes passée et trois épisodes d'Orange is the new black avalés, je me suis dis qu'il allait falloir que je survive à tout ça, et mes parents se trouvant à plus de 800km j'allais avoir besoin de mes amis pour y arriver.

J'aurais pu lui écrire un message, elle aurait probablement sauté sur l'occasion pour se rattraper et aussi parce que j'ai l'audace de penser qu'elle tient un minimum à moi et que ma tristesse l'aurait forcément un peu touché.

J'ai pris le contre-pied et j'ai décidé de couper tout contact avec elle avant qu'elle n'apprenne la nouvelle. J'étais tellement vexée qu'elle n'ait pas réagi avant que je ne voulais pas lui laisser l'opportunité de profiter de ma séparation pour rattraper ses erreurs.

Hier soir en lisant cet article sur madmoizelle, j'ai retrouvé un peu d’apaisement dans cette histoire. Je me suis dis que je n'avais pas sur-réagi en provoquant cette rupture amicale et que j'avais le droit de vouloir couper formellement les ponts avec cette personne. Aujourd'hui ça fait six semaines et je n'attends plus.

Fig 3. Question existentielle : si on tombe sur la case départ on touche 40000 ou pas ?

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