31 décembre 2016

2016 - le bilan du blog

Fig 1. Remboursé !
Honnêtement ce soir il est un peu tard pour me lancer dans le bilan, qui s'annonce fastidieux, de mon année 2016 (une démission, une séparation, un déménagement, des ruptures amicales et j'en passe et des meilleures, je crois que j'en ai jusqu'à 2018 pour débriefer correctement tout ça).

Je voulais faire le bilan de ce blog, du deuxième jour du reste de ma vie. J'ai commencé à l'écrire trois jours après ma rupture, cet été. C'était la première fois que je me retrouvais seule vraiment longtemps dans mon appartement après avoir passé quasiment deux jours incrustée dans la famille d'une de mes plus chères amies. Je comptabilisais encore les heures que j'avais réussi à passer sans pleurer.

Le jour se couchait super tard, je pouvais pas retourner courir parce que mes jambes me tiraient encore de mon jogging du matin (et de celui de la veille, et de l'avant veille, cf cet article ^^).J'avais survécu à ma première nuit en solo en me gavant de séries netflix. Mais s'abrutir le cerveau d'émissions pour arrêter de penser ça va 5 min, je commençais à avoir vraiment le ciboulot en compote (et mon estime personnelle frôlait maintenant celle d'une poubelle d'un parking souterrain à 5h du mat).

Fig 2. Je ressemblais à ça mais qui fait la gueule

J'avais décidé de mettre à profit cette rupture pour perdre mes quelques kilos en trop (ça tombait bien, j'avais plus faim!), me remettre au sport, et ma copine m'avait incitée à ouvrir un compte instagram ou un blog pour me motiver dans mon projet parce que rupture+fitness ça allait TROP MARCHER. J'ai du lui rétorquer un gros "NO WAY !".

Bref, le soir venu, il fallait que je me trouve une occupation pour mon samedi soir ET mon dimanche, un truc un peu plus constructif que mater des séries. J'ai repensé à l'idée de ma copine en me disant qu'en fait c'était peut être l'occupation qu'il me fallait, c'était juste le sujet qui n'allait pas. J'ai trouvé le nom rapidement, et la machine était lancée.

Fig 3. Moi dans ma tête. En vrai pyjama et mascara coulé
J'ai du relire mon premier article environ 806 fois. J'ai écrit le deuxième dans la foulée. Le lendemain j'avais déjà 100 visites, mais j'avais pas encore compris que le serveur comptabilisais chacune de mes propres consultations de page (d'ailleurs en y repensant ça m'étonne qu'il n'y en ait eu que 100 vu la frénésie avec laquelle j'actualisais mon blog pour le relire).

Honnêtement même si avec le recul ce ne sont pas les meilleurs articles de ce blog, ce sont peut être ceux dont je suis la plus fière.


Je sais pas si c'est facile de concevoir l'état d'une personne qui vient de se faire larguer EN MOINS DE DEUX HEURES (c'est le temps qu'il a fallu entre le "il faut qu'on parle" et le claquement de porte définitif) après quasiment 10 ans de couple et plus de 7 de vie commune, mais en gros tout mon quotidien, mes habitudes, mon amour, venaient de voler en éclat sans que je puisse intervenir en quoi que ce soit.

Et que dans cet état second, irréel même, j'arrive à aligner plus de deux mots, à "rire" de la situation, à faire des phrases ni trop moches, ni trop chiantes, vous pouvez pas savoir le bien que ça m'a fait. De me sentir capable de quelque chose. Et surtout, de quelque chose que je trouvais bien.

Au début j'écrivais surtout pour m'occuper. J'étais hyper prolifique en juillet et en août parce que j'avais besoin d'écrire pour tenir. Le fait de me poser devant cette page blanche, de devoir remuer mes pensées pour en sortir des idées ou des réflexions, ça m'a permis de pas mal avancer sur cette rupture, même si ça ne m'a pas empêché de m'aventurer parfois sur la mauvaise route.

Fig 4. Profil des lecteurs de ce blog selon google analytics

Mais ce que je n'aurais jamais imaginé en commençant ce blog, c'est qu'il puisse toucher d'autres personnes que ma pomme, hormis peut être mes amies proches.

En vérité j'ai reçu des messages et des commentaires magnifiques ici ou ailleurs, j'ai discuté avec plein de personnes formidables qui étaient ou s'étaient retrouvées un jour dans la même position que moi et avec qui j'ai fait un petit bout de chemin.


Une personne que j'aime bien m'a dit qu'il fallait pas que je reste éternellement dans la posture de la fille larguée, que je me définisse uniquement par ma rupture. C'est vrai qu'aujourd'hui encore, elle est très présente dans mon quotidien et sur ce blog. Je n'ai pas encore fini de lâcher prise et de ramasser tous les petits cailloux qu'on a semé ensemble tous les deux depuis cette soirée du nouvel an, il y'a tout juste 10 ans.

Mais ce qui est bien avec ce blog, c'est que même si son point de départ reste notre séparation, ça parle avant tout du reste de ma vie. Et je compte bien faire quelque chose de tout ce temps.

A la base j'avais uniquement prévu de vous faire la liste de mes cinq articles préférés et je suis complètement partie en vrille, alors ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, mais voilà mon top 5 (hormis les deux premiers articles déjà cités qui sont hors compétition!) :

Le dixième jour du reste de ma vie :

Fig Femme à sa toilette
- Toulouse Lautrec
C'est peut être l'article pour lequel j'ai le plus pleuré.

Une fois terminé je me souviens avoir fait une vraie crise de panique (je n'en avais jamais fait avant, et plus depuis), je me souviens que j'étais vraiment dans une détresse absolue et que j'avais réussi à garder mon ex près d'une heure au téléphone dans une conversation complètement absurde qui se résumait à "Je peux rien pour toi Leah" "Alors pourquoi t'as pas raccroché ? Pourquoi ça fait 45min que tu me répètes ça ?"

J'avais complètement oublié cette soirée. C'était peut être pas plus mal. Mais l'article est beau je trouve.


Le départ (en vacances)
 
Fig. Illustration de qualité
Cet article a l'air plutôt anodin mais en fait il s'agit d'un vrai tournant dans mon acceptation de la rupture.

Cinq minutes avant de l'avoir écrit je réalisais que si vraiment je voulais essayer de récupérer mon ex, c'était maintenant qu'il fallait que je rebrousse chemin, que je rentre à l'appartement et que je lui fasse la déclaration de ma vie.

Et je me suis résignée. J'ai pris ma décision de partir quand même vivre de belles choses sans lui.



Que serais-je sans toi ?

Fig . En vrai j'écris sur l'ordi mais c'est moins sexy
Il y a eu ensuite plusieurs articles où j'ai commencé à vraiment prendre conscience de ce qu'impliquait la rupture, comme celui ci ou celui là, mais je trouve que ce texte fait bien la synthèse.

En vrai j'avais complètement crushé sur le mec rencontré sur le site où je m'étais inscrite/désinscrite un peu plus tôt et je faisais 8000 projections dans ma tête. J'avais aussi croisé un flic magnifique dans le métro avec qui on avait échangé des petits regards complices mais ses deux collègues et sa mitraillette en bandoulière avaient calmés mes hardeurs.


THE date

Fig. Ah ah ah. Ah.
C'est pas l'article le mieux écrit, mais bon il faut admettre qu'il résume les 48h (oui parce que le date a duré jusqu'au lendemain soir, même si je dois être la seule à m'en souvenir) parmi les plus chouettes du reste de ma vie.

Je saurais pas expliquer comment deux êtres aussi imparfaits que nous (fin surtout lui) ont réussi à faire de cette journée une telle réussite...

Mais on a vraiment passé un beau moment ensemble, comme ça faisait longtemps que j'en avais pas vécu.


Le reste de ma vie

Fig. Illustration de qualité #4567
C'est vraiment difficile de s'arrêter à 5 articles (surtout que j'aime beaucoup les deux derniers) mais j'apprécie énormément celui là, parce qu'il rappelle que pour digérer une rupture ça demande beaucoup de force mais surtout de temps.

J'en avais vraiment pas conscience au début, et tout m'est revenu un peu dans la tronche une fois bien installée dans ma nouvelle vie.

Maintenant je continue d'avancer, mais avec prudence.


Bon et pour terminer je sais que vous ne laissez pas souvent des commentaires, mais ce serait tellement trop cool de la life si vous me disiez quels articles vous aviez aimé ou pas cette année :)

Merci encore de m'avoir accompagnée dans cette histoire de fous <3

30 décembre 2016

Histoire de bague

Depuis petite, je n'ai jamais supportée une bague à mon doigt plus de deux heures.

Je ne sais plus trop si je vous en avais parlé, mais peu après nous être mis en couple, alors qu'on avait 17 ans, mon ex avait rompu avec moi pour d'obscures raisons (au léger strabisme et bonnet E)... Il lui avait fallu une dizaine de jours pour se rendre compte que j'étais finalement la femme de sa vie (et une dizaine d'année pour réaliser qu'en fait non!) et reprendre notre histoire là où nous l'avions laissée.

Fig 1. C'était plutôt un strabisme convergent

Quelques semaines après cet épisode orageux, et alors que j'étais entrain de lui servir du jus d'orange dans la cuisine de mes parents (non mais hier c'était pas un fake quand je vous disais que je me rappelais de tout!), il m'a offert une jolie bague en or blanc avec un mini truc qui brille (qui devait plus tenir du strass que du diamant étant donné son budget de lycéen) pour me faire plaisir et sûrement alléger un peu sa conscience.

Je ne l'ai plus quitté dès lors. Passés les trois premiers jours où j'avais la sensation pesante de ce truc en plus un peu gênant, c'était comme si je l'avais toujours eu. Je la gardais pour me laver, dormir, aller à la piscine, travailler. Elle a été de tous mes voyages, de toutes mes plongées, mes virées au ski, mes courses dans la boue (je vous rassure, ce n'est pas si fréquent).

Fig 2. Moi qui pleure encore un peu mais
qui vais quand même avoir une autre bague
donc en vrai ça va déjà beaucoup mieux !
Je l'avais enlevée lors de nos premières vacances en Bretagne juste avant mes 18 ans et pour une raison qui m'échappe encore, elle avait glissé de ma table de chevet et impossible de remettre la main dessus des heures durant.

Alors que je pleurais toutes les larmes de mon corps en invoquant Saint Antoine de Padoue, mon ex s'était proposé de m'en offrir une autre.

" Snfff..fnfnnf..d'ac..d'accord... mais une pas trop chère alors... parce que tu vas pas exploser ton budget alors que c'est moi qui l'ai perdue...bouhouhou (oui quand je pleure je suis inconsolable!)

- Non je t'en offrirai une encore plus belle, comme ça tu ne regretteras jamais l'ancienne !"


Finalement le soir même la bague avait été retrouvée dans une chemise en papier au fond de mon sac. Le mystère table de chevet-chemise en papier reste encore entier à ce jour (mais promis, s'il y a des avancées dans l'enquête, je vous tiendrai au courant).

Elle a donc passé l'essentiel des neufs années qui ont suivi à mon annulaire, l'enlevant uniquement pour besoins impérieux style "malaxage de viande hâchée à la main" (quoi ? vous avez jamais cuisiné de couscous ?). L'or blanc avait finir par redevenir jaune avec le temps et la vie trépidante que je lui imposais.

Mon ex n'avait jamais voulu m'en offrir d'autres à cause de la "connotation" et des projections que j'y ferais (comprendre "tu me soûles meuf avec tes idées de mariage").

Bon bien entendu, une fois la rupture consommée, la question de la bague s'est posée. Au début j'avais plein d'arguments pour la garder au doigt :

Fig 3. C'était pas marqué dessus
mais c'était tout comme...
"Non mais elle fait partie de moi, je m'en fous de qui me l'a offerte" "Je la porte parce qu'elle est jolie et qu'elle va bien avec mes boucles d'oreille" "Je la garde juste pour vérifier que je bronze bien quand je l'enlève".

Je ne sais pas s'il y avait un fond de vérité dans aucune de ces affirmations..

J'ai passé tout l'été avec. Une fois rentrée sur Paris, et les premières hostilités lancées avec mon ex, j'ai rapidement décidé de l'enlever parce qu'officiellement je me mentais à moi même (et qu'officieusement j'espérais qu'il remarque que je ne la portais plus et que ça lui pince le coeur. Plic.).

Je pensais me réhabituer rapidement à la nudité obscène de ma main. Les jours, les semaines, les mois ont passé, et j'avais toujours l'impression de ce membre fantôme. Je me surprenais à essayer de jouer avec et à m'étonner de son absence, à chaque fois.
Fig 4. I'm often a big crying baby

Bref, je commençais à envisager l'idée de m'acheter ma propre bague, en mode girl-power / JE est mon maître / je n'ai besoin de personne en harley davidson. Et hier soir, alors que je venais de réaliser pour la 3ème fois de la journée que ma bague n'avait pas miraculeusement réapparue comme ça avait pourtant été le cas en Bretagne, j'ai décidé de me plaindre à ma mère (ma seconde passion pendant les vacances de noël après manger).

"Ma bague me manque faut que je m'en achète une mais je trouve rien qui me plaise la vie est trop nulleuhhhh"

Je vous jure que pour une fois, je disais ça sans arrière pensées.

Ce matin à mon réveil, ma maman avait descendue sa vieille boîte à bijoux, avec toutes les bagues de sa maman à elle. Et parmi tous les trésors qu'elle contenait, je suis tombée en amour devant la bague avec laquelle mon grand père lui avait demandé sa main à ma grand mère. La bague grâce à laquelle j'écris ces mots ici ce soir. La bague qu'aucun garçon ne pourra me faire enlever.

La vie est trop chouette en fait quand on a une mère comme la mienne (et une bague aussi belle).

....


(Ok ok je vous la montre puisque vous insistez !)
Fig 5. Lord of the ring

23 décembre 2016

Noël


Fig 1. Soft kitty, warm kitty, little ball of fur
C'est la première année où je n'attends pas Noël avec impatience.

Je n'ai pas décoré mon appartement parce que je trouvais ça déprimant de me retrouver tous les soirs dans un appartement, qui sent la cannelle et les souvenirs d'enfants, seule avec mon chat.


Je ne me suis occupée d'aucun cadeau avant cette semaine, et le pire c'est que je ne ressentais ni stress ni culpabilité, j'étais juste profondément pas concernée par tout ça.


Bon en vrai j'avais quand même trouvé celui de mon filleul de 15 mois parce que même si je suis devenue une porte de prison hermétique aux pères noëls bouffis et aux steaks de rennes, c'est impossible d'être insensible à tant de mignonitude condensée dans 9 kilos de douceur.



Quand je fais mon travail d'introspection, j'ai l'impression que ce désintérêt total et inhabituel est signe d'un malaise profond voire d'une dépression sous-jacente que j'essaie de dissimuler sous des montagnes d'auto-persuasion depuis des mois. Mais comme je suis un peu hypocondriaque sur les bords, je me dis que j’extrapole un peu tout ça.



Le garçon que je fréquente depuis quelques mois -et que j'avais promis de ne plus jamais évoqué sur ce blog parce que 1) il lit ce blog et 2) tout ce que je peux écrire ici vous pouvez être sûr que dès le lendemain je penserai l'inverse- m'a partagé à de nombreuses occasions sa théorie : "Ou fond Leah, tou est complètement déssespélée même si tou dit les contraires" (oui un peu d'italian bashing n'a jamais fait de mal #racism-is-so-2016 #parmigianoreggiano).


Là encore, impossible de savoir s'il est dans le vrai étant donné que lui même projette sa mélancolie sur moi et qu'il analyse ma propre rupture par le filtre biaisé de la sienne. Ok, dit comme ça, on a l'air de former une belle équipe de bras cassé (ce qui n'est pas faux) mais on partage le même amour des burgers, des sculptures électromécanomaniaques et des balades près de la seine, et pour moi aujourd'hui c'est suffisant.

Fig 2. That's the dream

Y'a d'autres indices qui tendent à me faire penser que mon moral n'est pas au top ces dernières semaines. Le fait que mon déménagement s'éternise et que je n'achète plus de chaussures à talon. Oui non mais je suis un peu débile comme fille, mais que je fasse passer mon confort avant l'esthétique de mon molet, j'ai l'impression que c'est plus le signe d'un désengagement total envers moi même (et la gente masculine) qu'une véritable émancipation féministe.


Évidement que j'appréhende ces fêtes de fin d'année, de passer mon réveillon à rassurer ma famille que je-vais-bien-ne-vous-en-faites-pas, marcher dans ces rues où on a accumulé tant de souvenirs depuis cette rentrée de 6ème où je l'ai rencontré. De fêter le nouvel an plutôt que de célébrer nos dix ans de couple.


Finalement j'ai plutôt pas mal de raisons de pas aller tout à fait bien ce mois-ci.

Mais cette semaine, j'ai enfin fini de déménager et je me suis achetée deux paires de chaussures à talons, c'est plutôt bon signe ? Non ?


Fig 3. To be or not to be

20 décembre 2016

La guérison

 La chatte grise est ravie que je fasse du théâtre. Théâtre ou music-hall, elle n’indique pas de préférence. L’important est que je disparaisse tous les soirs, la côtelette avalée, pour reparaître vers minuit et demi, et que nous nous attablions derechef devant la cuisse de poulet ou le jambon rose… Trois repas par jour au lieu de deux ! Elle ne songe plus, passé minuit, à celer son allégresse. Assise sur la nappe, elle sourit sans dissimulation, les coins de sa bouche retroussés, et ses yeux, pailletés d’un sable scintillant, reposent larges ouverts et confiants sur les miens. Elle a attendu toute la soirée cette heure précieuse, elle la savoure avec une joie victorieuse et égoïste qui la rapproche de moi… 

Ô chatte en robe de cendre ! Pour les profanes, tu ressembles à toutes les chattes grises de la terre, paresseuse, absente, morose, un peu molle, neutre, ennuyée… Mais je te sais sauvagement tendre, et fantasque, jalouse à en perdre l’appétit, bavarde, paradoxalement maladroite, et brutale à l’occasion autant qu’un jeune dogue… 

Voici juin, et je ne joue plus La chair, et j’ai fini de jouer Claudine… Finis, nos soupers tête à tête !… Regrettes-tu l’heure silencieuse où, affamée, un peu abrutie, je grattais du bout des ongles ton petit crâne plat de bête cruelle, en songeant vaguement : « Ça a bien marché, ce soir… » Nous voilà seules, redevenues casanières, insociables, étrangères à presque tout, indifférentes à presque tous… Nous allons revoir notre amie Valentine, notre « relation convenable », et l’entendre discourir sur un monde habité, étrange, mal connu de nous, plein d’embûches, de devoirs, d’interdictions, monde redoutable, à l’en croire, mais si loin de moi que je le conçois à peine… 

 Durant mes stages de pantomime ou de comédie, mon amie Valentine disparaît de ma vie, discrète, effarée, pudique. C’est sa façon courtoise de blâmer mon genre d’existence. Je ne m’en offusque pas. Je me dis qu’elle a un mari dans les automobiles, un amant peintre mondain, un salon, des thés hebdomadaires et des dîners bi-mensuels. Vous ne me voyez guère, n’est-ce pas, jouant La chair ou Le faune en soirée chez Valentine ou dansant Le serpent bleu devant ses invités ?… Je me fais une raison. J’attends. Je sais que mon amie convenable reviendra, gentille, embarrassée, un de ces jours… Peu ou beaucoup, elle tient à moi et me le prouve, et c’est assez pour que je sois son obligée… 

 La voici. J’ai reconnu son coup de sonnette bref et précis, son coup de sonnette de bonne compagnie… 

– Enfin, Valentine ! Qu’il y a donc longtemps…

Quelque chose dans son regard, dans toute sa figure, m’arrête. Je ne saurais dire, au juste, en quoi mon amie est changée. Mauvaise mine ? Non, elle n’a jamais mauvaise mine, sous le velours égal de la poudre et le frottis rose des pommettes. Elle a toujours son air de mannequin élégant, la taille mince, les hanches ravalées sous sa jupe de tussor blond. Elle a ses yeux bleu-gris-vert-marron frais fleuris entre leur double frange de cils noircis, et un tas, un tas de beaux cheveux blond-suédois… Qu’y a-t-il ? Un ternissement de tout cela, une fixité nouvelle dans le regard, une décoloration morale, si je puis dire, qui déconcerte, qui arrête sur mes lèvres les banalités de bienvenue… Pourtant elle s’assied, adroite à virer dans sa longue robe, aplatit d’une tape son jabot de lingerie, sourit et parle, parle, jusqu’à ce que je l’interrompe sans diplomatie :

– Valentine, qu’est-ce que vous avez ?

Elle ne s’étonne pas et répond simplement :

– Rien. Presque rien, vraiment. Il m’a quittée.

– Comment ? Henri… Votre… Votre amant vous a quittée ?

– Oui, dit-elle. Ça fait juste trois semaines aujourd’hui.

La voix est si douce, si froide, que je me rassure :

– Ah ! Vous… vous avez eu du chagrin ?

– Non, dit-elle avec la même douceur. Je n’en ai pas eu, j’en ai.

Ses yeux deviennent tout à coup grands, grands, interrogent les miens avec une âpreté soudaine :

– Oui, j’en ai. Oh ! j’en ai… Dites, est-ce que ça va durer comme ça ? Est-ce que je vais souffrir longtemps ? Vous ne connaîtriez pas un moyen… Je ne peux pas m’habituer… Que faire ?

La pauvre enfant !… Elle s’étonne de souffrir, elle qui ne s’en croyait pas capable…

– Votre mari, Valentine… il n’a rien su ?

– Non, dit-elle impatiemment, il n’a rien su. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Qu’est-ce que je pourrais faire ? Vous n’avez pas une idée, vous ? Depuis quinze jours je suis à me demander ce qu’il faut faire…

– Vous l’aimez encore ?

Elle hésite :

– Je ne sais pas… Je lui en veux terriblement, parce qu’il ne m’aime plus et qu’il m’a quittée … Je ne sais pas, moi. Je sais seulement que c’est insupportable, insupportable, cette solitude, cet abandon de tout ce qu’on aimait, ce vide, ce…

Elle s’est levée sur ce mot « insupportable » et marche dans la chambre comme si une brûlure l’obligeait à fuir, à chercher la place fraîche…

– Vous n’avez pas l’air de comprendre. Vous ne savez pas ce que c’est, vous…

J’abaisse mes paupières, je retiens un sourire apitoyé, devant cette ingénue vanité de souffrir, de souffrir mieux et plus que les autres…

– Mon enfant, vous vous énervez. Ne marchez pas comme cela. Asseyez-vous… Voulez-vous ôter votre chapeau et pleurer tranquillement ?

D’une dénégation révoltée, elle fait danser sur sa tête tous ses panaches couleur de fumée.

– Certainement non, que je ne m’amuserai pas à pleurer ! Merci ! Pour me défaire toute la figure, et m’avancer à quoi, je vous le demande ? Je n’ai aucune envie de pleurer, ma chère. Je me fais du mauvais sang, voilà tout…

Elle se rassied, jette son ombrelle sur la table. Son petit visage durci n’est pas sans beauté véritable, en ce moment. Je songe que depuis trois semaines elle se pare chaque jour comme d’habitude, qu’elle échafaude minutieusement son château fragile de cheveux… Depuis trois semaines – vingt et un jours ! – elle se défend contre les larmes dénonciatrices, elle noircit d’une main assurée ses cils blonds, elle sort, reçoit, potine, mange… Héroïsme de poupée, mais héroïsme tout de même…

Je devrais peut-être, d’un grand enlacement fraternel, la saisir, l’envelopper, fondre sous mon étreinte chaude ce petit être raidi, cabré, enragé contre sa propre douleur… Elle s’écroulerait en sanglots, détendrait ses nerfs qui n’ont pas dû, depuis trois semaines, faiblir… Je n’ose pas. Nous ne sommes pas assez intimes, Valentine et moi, et sa brusque confidence ne suffit pas à combler deux mois de séparation…

Et d’ailleurs quel besoin d’amollir, par des dorlotements de nourrice, cette force fière qui soutient mon amie ? « Les larmes bienfaisantes… » oui, oui, je connais le cliché ! Je connais aussi le danger, l’enivrement des larmes solitaires et sans fin ; – on pleure parce qu’on vient de pleurer, et on recommence ; – on continue par entraînement, jusqu’à la suffocation, jusqu’à l’aboiement nerveux, jusqu’au sommeil d’ivrogne d’où l’on se réveille bouffi, marbré, égaré, honteux de soi, et plus triste qu’avant… Pas de larmes, pas de larmes ! J’ai envie d’applaudir, de féliciter mon amie qui se tient assise devant moi, les yeux grands et secs, couronnée de cheveux et de plumes, avec la grâce raide des jeunes femmes qui portent un corset trop long…

– Vous avez raison, ma chérie, dis-je enfin.

Je prends soin de parler sans chaleur, comme si je la complimentais du choix de son chapeau…

– Vous avez raison ? Demeurez comme vous êtes, s’il n’y a pas de remède, de réconciliation possible…

– Il n’y en a pas, dit-elle froidement, comme moi.

– Non ?… Alors il faut attendre…

– Attendre ? Attendre quoi ?

Quel réveil tout à coup, quel fol espoir ! Je secoue la tête :

– Attendre la guérison, la fin de l’amour. Vous souffrez beaucoup, mais il y a pis. Il y a le moment, – dans un mois, dans trois mois, je ne sais quand, – où vous commencerez à souffrir par intermittences. Vous connaîtrez les répits, les moments d’oubli animal qui viennent, sans qu’on sache pourquoi, parce qu’il fait beau, parce qu’on a bien dormi ou parce qu’on est un peu malade… Oh ! mon enfant ! comme les reprises du mal sont terribles ! Il s’abat sur vous sans avertir, sans rien ménager… Dans un moment innocent et léger, un suave moment délivré, au milieu d’un geste, d’un éclat de rire, l’idée, le foudroyant souvenir de la perte affreuse tarit votre rire, arrête la main qui portait à vos lèvres la tasse de thé, et vous voilà terrifiée, espérant la mort avec la conviction ingénue qu’on ne peut souffrir autant sans mourir… Mais vous ne mourrez pas !… – vous non plus. Les trêves reviendront irrégulières, imprévisibles, capricieuses. Ce sera… ce sera vraiment terrible… Mais…

– Mais ?…

Mon amie m’écoute, moins défiante à présent, moins hostile…

– Mais il y a pis encore !

Je n’ai pas assez surveillé ma voix… Au mouvement de mon amie, je baisse le ton :

– Il y a pis. Il y a le moment où vous ne souffrirez presque plus. Oui ! Presque guérie, c’est alors que vous serez « l’âme en peine », celle qui erre, qui cherche elle ne sait quoi, elle ne veut se dire quoi… À cette heure-là, les reprises du mal sont bénignes, et par une étrange compensation, les trêves se font abominables, d’un vide vertigineux et fade qui chavire le cœur… C’est la période de stupidité, de déséquilibre… On sent un cœur vidé, ridé, flotter dans une poitrine que gonflent par instants des soupirs tremblants qui ne sont pas même tristes. On sort sans but, on marche sans raison, on s’arrête sans fatigue… On creuse avec une avidité bête la place de la souffrance récente, sans parvenir à en tirer la goutte de sang vif et frais, – on s’acharne sur une cicatrice à demi sèche, on regrette, – je vous le jure ! – on regrette la nette brûlure aiguë… C’est la période aride, errante, que vient encore aigrir le scrupule… Certes, le scrupule ! Le scrupule d’avoir perdu le beau désespoir passionné, frémissant, despotique… On se sent diminué, flétri, inférieur aux plus médiocres créatures… Vous vous direz, vous aussi : Quoi ! je n’étais, je ne suis que cela ? pas même l’égale du trottin amoureux qui se jette à la Seine ? » Ô Valentine ! vous rougirez de vous-même en secret, jusqu’à…

– Jusqu’à ?…

Mon Dieu, comme elle espère ! Jamais je ne lui verrai d’aussi beaux yeux couleur d’ambre, d’aussi larges prunelles, une bouche aussi angoissée…

– Jusqu’à la guérison, mon amie, la vraie guérison. Cela vient… mystérieusement. On ne la sent pas tout de suite. Mais c’est comme la récompense progressive de tant de peines… Croyez-moi ! cela viendra, je ne sais quand. Une journée douce de printemps, ou bien un matin mouillé d’automne, peut-être une nuit de lune, vous sentirez en votre cœur une chose inexprimable et vivante s’étirer voluptueusement, – une couleuvre heureuse qui se fait longue, longue, – une chenille de velours déroulée, – un desserrement, une déchirure soyeuse et bienfaisante comme celle de l’iris qui éclôt… Sans savoir pourquoi, à cette minute, vous nouerez vos mains derrière votre tête, avec un inexplicable sourire… Vous découvrirez, avec une naïveté reconquise, que la lumière est rose à travers la dentelle des rideaux, et doux le tapis aux pieds nus, – que l’odeur des fleurs et celle des fruits mûrs exaltent au lieu d’accabler… Vous goûterez un craintif bonheur, pur de toute convoitise, délicat, un peu honteux, égoïste et soigneux de lui-même…

Mon amie me saisit les mains :

– Encore ! encore ! dites encore !…

Hélas, qu’espère-t-elle donc ? ne lui ai-je pas assez promis en lui promettant la guérison ? Je caresse en souriant ses petites mains chaudes :

– Encore ! mais c’est fini, mon enfant. Que voulez-vous donc ?

– Ce que je veux ? mais… l’amour, naturellement, l’amour !

Mes mains abandonnent les siennes :

– Ah ! oui… Un autre amour… Vous voulez un autre amour…

C’est vrai… Je n’avais pas pensé à un autre amour… Je regarde de tout près cette jolie figure anxieuse, ce gracieux corps apprêté, arrangé, ce petit front têtu et quelconque… Déjà elle espère un autre amour, meilleur, ou pire, ou pareil à celui qu’on vient de lui tuer… Sans ironie, mais sans attendrissement, je la rassure :

– Oui, mon enfant, oui. Vous, vous aurez un autre amour… Je vous le promets.
 

Colette, Les Vrilles de la Vigne


Merci à Lucie pour m'avoir envoyé ce texte qui avait tout à fait sa place sur mon blog <3

18 décembre 2016

Bordel

Fig 1. Mode d'emploi de mon cerveau
En ce moment ma vie c'est un énorme bordel. Je n'arrive plus à écrire car j'ai beaucoup de mal à démêler mes pensées, à différencier mes envies de mes fantasmes, mes déceptions réelles des factices, le bonheur du désespoir, les sentiments de leur absence. Des fois j'ai l'impression de ne plus rien ressentir. D'autres d'être dépassée par l'intensité de mes émotions. C'est le bordel en effet.


C'est fou à quel point une relation peut nous définir. En perdant mon ex, je me suis perdue. J'ai l'impression d'avoir tellement changé... Ma vie a changé, et je me retrouve à ressentir des émotions, positives ou négatives, que j'aurais abhorré il y a plusieurs mois. Et moi je dois gérer avec tout ça, alors qu'au fond, je suis peu ou prou la même personne qu'il y a 5 mois.


Des fois j'ai l'impression que c'était hier, souvent j'ai l'impression que c'était une autre vie. Et je me rends schizophrène, à combattre mes vieilles habitudes, à rejeter ces souvenirs trop tendres, à freiner mon imagination quand je me perds dans mes pensées.

C'est étrange de m'asseoir sur le même canapé, de mettre mes pieds sur la même table basse,  de regarder la même tv. Même le foot me manque. Je suis pas désespérée d'être seule, mais je me retrouve désemparée devant le bordel qu'est devenu ma vie. Je me suis embourbée dans une relation bancale, je traîne sur des sites de rencontre sans ambition aucune, j'ai aucune idée d'où j'en suis niveau ratio chemin parcouru/chemin à parcourir.
Fig 2. Plan de vie

Pourtant à côté j'ai tout ce dont j'ai toujours rêvé. Pour la première fois j'ai trouvé un boulot dans lequel je me sens vraiment bien et auquel je me rends sans la boule au ventre. J'ai des amis plus que parfaits qui ont un sixième sens pour sentir quand ça va pas et m'envoyer un snap, m'inviter manger une quiche ou me dire qu'ils m'aiment.

Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin. Le désespoir me lasse assez vite. Demain ira mieux.

12 décembre 2016

En passant


Promis je reviens bientôt vous raconter les méandres de mon quotidien passionnant (ou pas). Là je viens de rentrer d'un merveilleux weekend avec mes meilleures amies sur London Beach, j'ai fait à l'arrache mes devoirs pour mes cours d'anglais de demain, et je vous ai trouvé une petite vidéo dans le thème.

(et c'est trop drôleuuuuh à l'intérieur y'a une anecdote que m'a raconté Pétro aujourd'hui !)

29 novembre 2016

La peur de l'échec

Fig 1. Autoportrait 765
Ce matin j'ai lu un article sur l'obsession des notes qui m'a beaucoup parlé. Je sais pas si de base dans ma vie j'avais des prédispositions, si ce sont les comparaisons incessantes avec mon grand frère brillantissime qui ont forgé mon caractère ou encore la pression que m'ont mis des parents qui ont toujours voulu le meilleur pour moi... Mais voilà, aujourd'hui je suis quelqu'un d’extrêmement perfectionniste.

Bien sûr quand on vient chez moi (et qu'on se rend compte de mon autre prédisposition pour le bordel) ça ne saute pas forcément aux yeux tout de suite. Si vous attrapez ma thèse dans la bibliothèque ou que vous tombez sur mon classeur de comptabilité, là déjà vous commencerez à vous poser des questions. Si vous travaillez à l'urssaf et que vous avez déjà reçu une
lettre d'excuse pour retard de 856 lignes écrite en alexandrin, y'a moyen que vous m'ayez déjà grillée.

Je suis le genre de fille à ne pas pouvoir fermer l'oeil la veille d'une interro tant que je n'ai pas relu mes cours jusqu'à la dernière ligne (même s'il est 4h du matin et que ce sont des cours que je connais très bien de base). Le genre qui ne conçoit pas de ne pas lire les cinq pages en anglais d'un article scientifique avant de le citer pour être sûre que le résumé était pas tronqué.

Fig 2. Le bourrage de crâne des révisions


Ce serait drôle si mon perfectionnisme s'était arrêté au domaine du scolaire, mais non je suis une grosse relou pour tout. Genre quand je débat ou que je me prends la tête avec quelqu'un, il faut que tout soit dit et compris pour que je passe à autre chose. Quand je fais de la couture et que ce n'est pas parfait j'ai besoin d'être rassurée par 8000 personnes différentes que ce que j'ai fait n'est pas horriblement moche parce que je me suis un peu endormie sur ma machine et que la couture part en live. Et on va éviter le sujet du boulot sinon on en a jusqu'à demain matin.

Fig 3. I love my life épisode 54


Bref, pas besoin d'avoir une thèse en psycho pour se douter que ce perfectionnisme cache une grosse peur de l'échec. Je veux vraiment pas me la jouer prétentieuse, mais depuis toute jeune, j'ai jamais vécu de grosse déceptions. Je me suis toujours donnée les moyens de réussir ce que j'entreprenais, quitte à ne pas me lancer si je sentais que ça risquait de ne pas passer. Ça peut paraître facile dis comme ça, mais ce sont surtout des années de stress et de pressions en tout genre, même si à la fin la réussite aide à faire passer la pilule.


Fig 4. Avant j'étais cucu, mais ça c'était avant....
Avant ma rupture, je vivais un peu mon couple comme une énième réussite.

J'étais avec le même mec depuis le lycée, toujours aussi heureuse et amoureuse, c'était mon premier amour du collège, il avait de l'allure, de la discussion, et en plus il était super sympa.

 J'étalais pas notre vie sur facebook tous les jours mais j'aimais bien poster de jolies photos de temps en temps tellement j'étais fière de ce qu'on avait.



Je crois que cet été avec la séparation j'ai expérimenté ce que j'ai vécu dans un premier temps comme le premier gros échec de ma vie. Je pense que c'est pour ça que j'ai mis un moment avant d'officialiser la nouvelle auprès de mes amis, j'assumais pas d'être montée sur Paris pour suivre mon mec pour me retrouver célibataire après 3 ans et un PACS.

C'est débile pour deux raisons. La première, c'est que la rupture arrivait des années après notre arrivée sur Paris et n'avait rien à voir avec celle-ci. La deuxième c'est que même si nous avions rompu 3 semaines après notre emménagement, ça aurait changé quoi ?

Fig 5. Pauvre choupette
En fait, plus que la peur de l'échec, je pense que j'ai la peur de décevoir. Décevoir mes parents, mes amis, mes profs... J'ai peur que l'image que je renvoie soit entachée, j'ai peur qu'on parle de moi et de tout ce que j'ai raté.

Ce week-end je racontais à une amie que j'avais pas trop envie de revenir m'installer dans le sud parce que finalement le fait d'être à distance me protégeait un peu des ragots et du regard des autres (même de celui de mes amis).

J'ai vraiment un problème avec tout ça j'en suis consciente. J'ai mis des mois à filer l'adresse de ce blog à mes copines par exemple.


La rupture en elle-même a été un enjeu social pour moi (la formule n'est pas de moi mais c'était tellement vrai et bien dit que je m'assoie sur le copyright). En cela elle a été formatrice, car elle m'a appris malgré moi à assumer un échec, ou du moins une déception aux yeux de tous. Bon j'ai pas encore passé l'épreuve du repas de noël ou du nouvel an mais je suis bien plus confiante qu'il y a 4 mois. J'ai d'avoir un peu réussi à surmonter ma phobie de l'échec grâce à elle.

Et le fait d'avancer m'a également permis de ne plus considérer ma séparation comme un échec. C'est plutôt même une réussite d'avoir réussi à rester près de 10 ans en couple alors qu'on avait tout juste 17 ans quand on a pris la décision de se mettre ensemble. Les ruptures font partie de la vie, ce qui est le plus important c'est comment gérer l'après et s'en remettre. Pour ça j'ai pas encore la formule magique, mais comme pour le reste, j'essaie de me donner les moyens de réussir.

Fig 6. CQFD


27 novembre 2016

Chansons des soirs, des espoirs ...

J'ai pas réussi à vous trouver la version radio que j'adore (et qui est un peu plus incisive), mais cette chanson c'est typiquement LA chanson que je chantais à tue-tête dans ma voiture depuis des années (notamment pour recouvrer un peu d'énergie après une journée de boulot) et pour laquelle j'ai eu un déclic la semaine dernière (approximativement à la 115678ème écoute) en mode "Haaaaaaan mais c'est TELLEMENT vrai, mais c'est TELLEMENT moi !"


Sinon Francis, je l'aime d'amour. Je sais toujours pas si ce monde est sérieux mais quand je l'écoute moi ça me donne envie d'y croire à nouveau. #articlecucunuméro890 #internezlà #ouaumoinsenlevezluisonordipasséminuit

24 novembre 2016

Ce que j'aime (par dessus tout) dans ma nouvelle vie

Après le teasing d'il y a quelques, je reviens aujourd'hui vous parler de ce qui me fait kiffer ma life depuis mon déménagement, ces trucs qui me font dire que ma vie est pas si pourrie quand je suis au fond du seau, ou qu'elle est carrément mieux qu'avant quand je suis dans une phase euphorique.

Mon nouveau boulot

Fig 1. Mes deux passions dans la vie
Mes copines qui ont l'habitude avec moi vous diront de vous méfier car mon rapport au boulot (et au monde en général) est rarement mesuré, en gros j'alterne des phases "ça j'adore" et "je déteste tout" (vous voyiez déjà venir la prédisposition à la bipolarité avouez). Donc pour rester objective, depuis que j'ai commencé, tout se passe globalement bien et après m'être levée pendant 2 ans la boule au ventre je suis quand même (super) contente.

Pour faire court (et peu précis), j'ai commencé une spécialisation pour soigner exclusivement les enfant, et même si je faisais style d'être sûre de mon choix j'appréhendais vachement de parler "gouttes magiques" et "reine des neiges" toute la journée. Il me faudra encore faire quelques ajustements dans ma pratique mais je suis vraiment ravie d'avoir donné ce tournant à ma carrière pro.



Les cours de batterie

Fig 2. Life
C'était vraiment un énorme regret de mon adolescence, j'ai commencé la batterie il y a 10 ans et en gros, j'ai arrêté il y a 9 ans en rentrant à la fac. Le pire c'est que toutes ces années je me suis trimballée une batterie dans mes appartements successifs, mais pour dire ce qu'il en est, elle servait plus d'étendoir à chaussettes qu'à autre chose.

Bref je me suis inscrite à l'école de musique vraiment sur un coup de tête/chance, et quand je dis coup de chance c'est que j'ai réussi le combo prof trop sympa/cours à 200m de chez moi/créneau parfait. Il faut dire que les quasiment dix années de solfège que mes parents m'ont imposés tous les jeudi soirs ont fini par porter leurs fruits et que je prends vraiment trop mon pied (même si 30 min de pédale non stop c'est un peu violent ^^).


La nature

Fig 3. Banlieue VS Paris
Franchement ayant grandi à deux pas de la campagne/montagne, même si j'adore Paris de tout mon cœur, c'est quand même hyper plaisant de renouer avec la vraie vie. D'aller courir sur des chemins de terre en pleine forêt, de traverser des bois et des endroits bucoliques pour aller au boulot, d'aller manger chez des cousins qui ont un jardin.

En fait, ça m'avait vraiment manqué.


Mes copines

Depuis que j'ai déménagé dans le même département que mes copines, c'est tellement beaucoup plus facile de voir mes copines, d'improviser un verre ou un ciné après le boulot, de faire une soirée raclette en pleine semaine. Bon c'était un peu le but de ce départ de Paris, mais à croire qu'en ce moment je prends plutôt les bonnes décisions.



Les lundis

Fig 4. Internet, ou le rêve d'une vie.

Je dois être la seule personne au monde à kiffer mes lundis, mais autant j'aime beaucoup mon nouvel appart et la vie sociale de banlieusarde que j'ai, autant j'adore passer tous mes lundis dans mon ancien quartier. J'y suis de 9h à 22h, pour mes deux formations continues et les répétitions de l'orchestre dans lequel je joue. Et quand j'ai de la chance il reste même les meilleures crêpes du monde dans ma petite boulangerie préférée et je me prends un gros goûter régressif pour tenir jusqu'au soir.

Bref je m'excuse pour cet article un peu bâteau que j'ai commencé dans un élan d’enthousiasme et que j'ai trouvé tellement cucu et chiant que j'ai mis près d'une semaine à le boucler ^^ Mais félicitations si vous l'avez lu jusqu'au bout ! Je reviendrai rapidement, plus inspirée !


18 novembre 2016

Le reste de ma vie

Fig 1. Illustration de qualité #4567
C'est drôle parce que j'ai eu d'abord l'idée d'écrire cet article, avant de réaliser qu'aujourd'hui ça faisait exactement 4 mois que j'avais commencé à écrire ce blog.

Quatre mois que j'ai eu l'idée de ce titre, le deuxième jour du reste de ta vie (qui s'est transformé en "ma" vie quand j'ai fini par assumer que c'était vraiment moi qui m'étais faite larguer ^^).

Et je crois que finalement je n'ai compris que très récemment tout ce que cette nouvelle vie impliquait.



Il y a donc un peu plus de 4 mois, j'ai perdu la personne la plus importante de ma vie. Ce n'est pas la fatalité ou un platane sur le bord de la route qui nous a séparé, c'est lui qui a décidé de partir.


Fig 2. Là on est vraiment dans l'émotion pure
 Le premier jour après la rupture, j'étais incapable d'aligner trois lettres au scrabble ou d'avoir une pensée qui dépassait le stade "sujet-verbe" (on en était même pas au complément d'objet c'est dire). Le deuxième jour la copine qui avait obtenu ma garde depuis le premier soir a essayé de me changer l'esprit en me traînant faire les boutiques, et finalement le soir en me retrouvant seule j'ai repensé à son idée de blog et je me suis dis que c'était pas si bête.

Mais revenons en au titre, puisque c'est le sujet de ce soir et qu'il est déjà tard. Je me suis jetée corps et âme dans cette nouvelle vie, pour fuir l'ancienne qui était trop difficile à assumer mais aussi avec une certaine curiosité. J'ai mis des mois à comprendre qu'un retour en arrière ne serait pas possible, et qu'il fallait vraiment tirer un trait définitif sur tout ce dont j'avais l'habitude avec lui.


Je pense qu'avant de passer à autre chose, il faut prendre le temps de déconstruire tout ce qu'on a mis si longtemps à bâtir et qui nous semble simplement naturel aujourd'hui. Chose que je n'ai absolument pas faite, vu que dans mon empressement à aller mieux, j'ai grillé pas mal d'étapes. Du coup, quand je me suis retrouvée vraiment seule, j'ai réalisé que je n'avais pas du tout fait le deuil de sa présence. Je suis passée par une période où dès que je me posais plus de cinq minutes, il me manquait.


Fig 3. Tourne tourne petit moulin
Une rupture, c'est vraiment un deuil. Quand son absence me pèse, je ne songe même pas à l'appeler ou à me pointer sous son balcon avec ma flûte pour lui faire la sérénade. Je ne saurais pas l'expliquer, mais j'ai l'intime conviction qu'il n'est plus la personne que j'ai connu. De toutes façons je pense que je ne veux pas qu'il la soit, car cela rendrait la séparation encore plus difficile.

Je crois que renoncer à lui, à son amour et à son amitié, c'est une des choses les plus dures que j'ai eu à faire dans ma vie. Même si ça m'a permis de vivre de nouvelles expériences plus qu'enrichissantes (un article est en prévision là dessus don't worry ^^), il m'arrive régulièrement de penser à mon quotidien avec lui avec nostalgie ou envie.



Il y a un peu plus de 4 mois, j'ai perdu la personne la plus importante de ma vie. Pour ne jamais revivre ça, j'ai décidé que dorénavant, la personne la plus importante de ma vie, ce serait moi.


16 novembre 2016

Quelques notes

J'ai commencé à écrire un article ce soir mais je n'aurais pas le temps de le finir à une heure décente. 
Alors je vous laisse sur ces douces paroles. C'est pas tellement éloigné de mon état bipolaire actuel.


13 novembre 2016

13.11.15

Il y'a 1 an j'habitais à Paris. J'attendais ce week-end depuis des semaines.

Après avoir passé la journée à travailler en me disant que j'aurais mieux fait de faire grève comme mes collègues médecins (pour profiter en fait d'un weekend à rallonge), je suis sortie à la bourre en lançant un "bon weekend" à la volée et j'ai couru avec ma valisette à roulette jusqu'au RER.

En attendant le train j'ai souri en réalisant que pour aller du 93 à Londres en transports il n'y avait qu'un seul changement, autant que pour rentre du boulot à chez moi.

J'ai donc posté mon trait d'esprit sur instagram, fière de moi et terriblement impatiente d'aller passer ce weekend en Angleterre avec mes amis.

J'ai retrouvé mon copain (mon ex donc, mais à l'époque c'était toujours mon copain) Gare du Nord et on a attendu patiemment d'embarquer dans l'Eurostar. J'ai envoyé un message plein de culpabilité à mes frères pour leur souhaiter un bon match. J'avais motivé tout le monde il y'a deux mois pour aller voir France-Allemagne en famille au stade de France (oui je vous ai jamais parlé de mon côté beauf qui adore le foot). Mon petit frère était moyennement emballé ("c'est chiant, y'a du monde, les métros sont bondés, faut faire la queue pendant des heures pour rentrer après") mais avec une grosse dose de chantage affectif ("allez viens y'aura tout le monde!!") j'avais réussi à le faire céder.

Puis une semaine après avoir pris les places, mon ex m'avait demandé "hmmm dis moi le match France-Allemagne, il tomberait pas pile poil le weekend où on était censés partir à Londres pour le concert de métal?". S'en étaient suivis deux heures de négociations en mode "mais si on part le samedi matin?", "mais si vous allez voir un autre concert le weekend suivant?", "mais si vous attendez qu'ils passent à Paris cet été?" et finalement on avait décidé de planter ma fratrie après avoir revendu nos places à des amis à eux.

18h30. On venait de passer les contrôles de sécurité.

Mon ex avait amené des copies à corriger. Il était beau. Je pense qu'il faisait exprès de ne pas voir que je le prenais en photo tandis qu'il prenait un air faussement concentré.

Etant donné qu'il m'avait prévenu qu'il passerait le trajet à finir ses corrections au lieu de jouer au Petit Bac avec moi (oui monsieur était littéraire mais je lui mettais des raclées monumentales au Petit Bac) j'occupais mes dernières minutes avant le départ à télécharger des podcasts d'Affaires Sensibles (alias mon émission préférée au monde) pour m'accompagner tout au long du trajet.

Le hasard faisant bien les choses (ou pas), je me suis donc retrouvée à écouter l'émission sur les attentats de Paris de 95. Je me souviens exactement m'être dit que c'était il y'a tout juste 20 ans, et que j'avais jamais réalisé le climat d'insécurité et de peur qu'avaient ressentis les parisiens, que c'était fou quand même de se dire qu'à l'époque des attentats pouvaient toucher la France, alors qu'aujourd'hui c'était vraiment pas quelque chose à laquelle on pensait quand on prenait le métro ou qu'on se baladait en ville.

On a du arriver sur Londres vers 21h15 heure française. Après avoir posé nos bagages à l'auberge, on a rejoins nos amis dans une petite cafet en centre ville. Ils étaient tout au fond du restaurant. Les mecs ont probablement commencé à s'enthousiasmer pour le concert du lendemain pendant qu'avec ma copine on a sûrement dû parler de nos patients de la journée. On a commandé des grosses boulettes de viande panée et autres réjouissances de la gastronomie anglaise (si on peut vraiment parler de gastronomie).

Quelques minutes après notre arrivée, on s'est tous mis à recevoir des messages de nos proches qui nous demandaient si on était à Paris et si on allait bien. Comme on était tout au fond de la salle, on ne captait pas la 3G et le restaurant ne proposait pas de borne wifi. On a donc commencé à répondre aux messages en demandant ce qu'il se passait. La copine qui s'inquiétait pour moi m'a répondu :

"Fusillades à Paris, explosion au stade de France, on sait pas trop ce qui se passe, pour le moment une trentaine de morts"




Autant dire que mon cerveau est resté bloqué sur explosion-stade de France-trente morts. En fait c'est même pas mon cerveau qui s'est bloqué, mais tout mon corps. J'étais figée sur mon téléphone, j'avais littéralement l'impression que le sol cédait sous mes pieds, comme la sensation de vertige qu'on ressent dans ses tripes quand on fait une montagne russe.

Heureusement une minute après (la plus longue de ma vie) je recevais un message rassurant de mes parents puis de mes frères, puis de tous mes amis présents sur Paris ce soir là, alors qu'on avait encore du mal à bien réaliser que tout ça était réel alors qu'à Londres la vie suivait son cours normal.

 J'ai passé la nuit dans mon lit superposé à actualiser les flux d'articles en continue du monde et de francetélévision, puis j'ai écrit trois mots sur facebook et j'ai essayé de dormir.



Jamais de toute ma vie je n'ai eu autant envie d'être sur Paris que ce soir là. C'est débile, j'aurais du me sentir en sécurité à Londres, remercié le ciel d'être parti ce weekend-là, mais j'avais juste envie d'être chez moi, de voir mes frères, mes amis, mes voisins, mon quartier, ma butte.

Je me souviendrais toujours du sentiment que j'ai ressenti en poussant la porte de mon appartement ce dimanche soir. J'ai caressé mon chat, je suis allée poser mes valises dans le salon et je suis tombée nez à nez avec des coussins rigolos que j'avais cousu 5 jours avant pour la petite fille à naître d'une copine.

J'avais l'impression d'avoir cousu ces coussins dans une autre vie, il y a des siècles, une vie qui n'avait plus rien à voir avec la vie que je menais aujourd'hui.

Une vie où ma seule préoccupation c'était de donner un bon arrondi à mon coussin goutte.

Comment est-ce que le monde, est-ce que mon monde, avait-pu changer autant en à peine cinq jours ?



Aujourd'hui je voulais rendre hommage à toutes les victimes du 13 novembre, à ceux qui ont perdus la vie ou un être cher, à tous ceux qui ont senti le sol se défiler sous leurs pieds en apprenant que leur proche était en danger et qui n'ont pas eu la même chance que moi, mes frères et mes amis.

Il y'a 1 an on était tous sur le point de voir notre petite bulle utopique se crever pour réaliser qu'en fait le monde était aussi moche dans notre pays qu'ailleurs. Je pensais qu'on avait touché le fond mais j'allais encore avoir de belles désillusions avec le débat sur la déchéance de nationalité, l'état d'urgence, la loi travail, le niveau des échanges de la primaire de l'UMP, le brexit, le racisme décomplexé dans les médias et sur les réseaux sociaux 24h sur 24, les Russes et la Syrie, Alep, Bruxelle, Istanbul, Nice, Orlando, je pourrais même pas citer tous les noms de ville, de villages et de quartiers tellement ce monde part en vrille.

Aujourd'hui Trump est le nouveau président des Etats-Unis, demain Marine Lepen sera au second tour des élections, et je sais même plus où je pourrais partir en weekend cette fois pour être loin de tout ça.

Au lieu de faire des cérémonies en grandes pompes où les politiciens essaient juste de montrer qu'ils sont les plus présents et les plus affligés par ce drame du 13 novembre, on ferait mieux d’œuvrer tous ensemble à rendre ce monde moins moche pour éviter que de tels drames se reproduise. Et je ne crois pas qu'aller bombarder des villages à l'autre bout du monde ou diviser les populations à des fins électoralistes soit la bonne solution pour ça.

12 novembre 2016

To-do-list 2016

Bon, je sais que 2017 (et ses magnifiques échéances électorales... ou pas) vont vite arriver mais aujourd'hui j'ai eu envie de faire une nouvelle to-do-list pour essayer de trouver un peu de motivation. Je sais pas vous, mais personnellement quand il fait froid et moche comme ça je pourrais passer mes journées entières à regarder des séries bien au chaud dans mon lit, mon chat calé à mes côtés et un grand verre de lait chaud à la main (vous sentez déjà venir la catastrophe hein ?).

En ce moment je suis heureuse, mais j'ai conscience que je suis toujours en équilibre sur un fil et que si je recommence à me laisser aller je risque à tout moment de revenir au stade larvaire dit du "je suis qu'une grosse nouille et même si les gens aiment bien les pâtes en général personne ne veut d'un truc jaune et collant dans son lit".

Bref, je vais donc faire cette liste. Et essayer de m'y tenir.

Fig 1. Ma chambre. Cette oeuvre d'art.
- Finir de vider mes cartons : oui ça fait plus d'un mois que j'ai emménagé et ma chambre est toujours remplie de cartons. Ça donne un petit côté grenier assez réconfortant je dois dire mais bon je suis sûre que psychologiquement parlant y'a plein de conclusions à tirer de cette procrastination.

Et comme une thérapie coûte plus cher qu'un ou deux après midi de rangement, je vais m'y mettre.

Promis. Un jour. Bientôt.

D'accord.



Fig 2. Oui je suis une vraie Princesse qui coud
- Me remettre à la couture : Noël approchant c'est juste le moment idéal pour m'y mettre sans être à la bourre. J'ai une super machine, plein de nouveaux tissus, une copine motivée pour des soirées cousettes-danse avec les stars... On est d'accord, ici aussi je n'ai juste aucune excuse pour ne pas m'y mettre.

- Continuer le topbodychallenge (et le sport en général) : pour le moment j'arrive à m'y tenir malgré l'emploi du temps chargé de ces dernières semaines, j'attaque donc la 4ème semaine. On applaudit. Bon je sais que chez moi la période critique c'est plutôt entre la 6ème et 7ème semaine donc je ne cris pas victoire. Mais pour le moment on tient le bon bout avec ma super copine Méli.


- Commencer mon mémoire : je pense que même avant ma rupture j'étais déjà un peu bipolaire. Genre quand je me suis inscrite à un nouveau diplôme universitaire alors que j'avais pas fini le premier. Et qu'en plus des cours, des révisions et de mon boulot j'ai non pas un mais deux mémoires à rédiger avant l'été prochain. Dont un qui peut quand même avoir une importance non négligeable sur la suite de ma carrière. Je vais essayer de pas bâcler tout ça en m'y prenant tôt. On y croit (ou pas!).

Fig 3. La motivation


Fig 4. Autoportrait #67
- Jouer de la batterie sur scène : j'ai recommencé les cours en septembre et c'est vraiment trop bien. Oui non parce qu'en plus du boulot, du sport et des deux DU je dois aussi caler les répétitions de batterie et de l'orchestre où je joue de la flûte (traversière et piccolo hein, la flûte à bec c'est has been!).

Et une fois par mois y'a une scène ouverte à l'école de musique où on peut jouer n'importe quoi avec n'importe qui en mangeant de la charcuterie et en buvant des bières. That's the dream. La prochaine fois je me lance. Ou pas. Ou si. Allez.


- Tenir ma comptabilité à jour. Dixit la fille qui n'a pas commencé sa compta 2016 (en mode je fous tout dans un gros classeur en espérant que la prochaine fois que je les rouvrirai tout sera miraculeusement en ordre). Les professions libérales c'est le mal.

Bon maintenant je vais commencer à suivre mes bonnes résolutions et me bouger un peu parce qu'il est quasiment 16h et que je suis toujours dans mon lit. Mais les weekend prolongés ça compte pas si ?


9 novembre 2016

On ne change pas, on met juste les costumes d'autres sur soi (et voilààà)

Fig 1. Le mal

Ok j'avoue, le titre de cet article est complètement dû au fait que l’algorithme youtube (qui me connait si bien) vient de m'imposer cette chanson sur la super playlist basée sur mes goûts musicaux (du très très bon son donc si on me connaît bien).


Mais, signe du destin (ou pas), cette chanson c'est exactement l'opposé de ce que je voulais vous dire ce soir. J'ai vraiment l'impression d'avoir changé depuis le mois de juillet.


J'ai l'impression qu'en me coupant de mon ex, je me suis ouverte au reste du monde.


C'est peut être un peu parce que mon nouveau copain rigole beaucoup à mes blagues (et que du coup je songe à tout plaquer pour animer la matinale de rire&chanson), que mes copines m'ont fait 8000 compliments à la semaine les premiers temps pour essayer de combler ma blessure narcissique, que je suis redevenue la fifille à papa et maman tout l'été, que je reçois plein de messages adorables sur mon blog depuis près de 4 mois, mais en ce moment j'ai plutôt pas mal confiance en moi.

Fig 2. Anarchy in the mall

Je suis possiblement complètement désespérée et en manque de contact humain mais je prends plaisir à échanger des remarques anticapitalistes avec la caissière du BHV, à faire des blagues au vendeur mignon, à prendre des verres avec des gens perdus de vue depuis le lycée (et dieu sait que ça nous rajeunit pas tout ça dites donc!).

Avant je me considérais plutôt comme une fille timide. J'ai jamais eu peur de m'exprimer en public, mais à condition d'avoir des choses intelligentes à dire (parce qu'il faudrait pas non plus que le premier quidam venu puisse s'imaginer que je sois juste une fille un peu cruche non mais oh..).

Et comme je n'ai pas non plus tous les jours un QI de 250 (seulement quand je mange des space cakes en Hollande) ben des fois il s'écoule un temps fou avant qu'une pensée extra-lucide ne traverse mon esprit.


Mais depuis que je me suis faite larguée (et que j'ai démissionné), ma vie est un peu what-the-fuck. Je me dis que j'ai survécu à la plus grosse claque humaine de ma vie et que socialement parlant rien ne peut m'arriver de pire. Vous combinez ça à mon melon naissant et vous comprenez pourquoi en 2 mois j'ai plus échangé avec mon nouveau voisin qu'en 3 ans sur Paris.
 
Fig 3. CQFD

Il faut aussi avouer que je ne peux plus compter sur le capital sympathie de mon ex qui pouvait nous sortir de toute situation relationnelle compliquée avec son sens affiné de la rhétorique et une profonde indifférence pour le regard que les autres portaient sur lui.


Maintenant, c'est comme pour le repassage de mes tenues et la cuisson des coquillettes, je dois me débrouiller seule.


Et finalement, je me rends compte que je m'en sors pas trop mal.





6 novembre 2016

Des bas, des hauts, il y'en a partout ...

En ce moment j'ai vraiment l'impression d'être retournée à ce stade que j'avais adoré les premiers jours après la rupture (allez je suis sûre que ça vous avait aussi manqué), la schizophrénie.


Fig 1. CQFD

J'oscille entre des moments où je suis super heureuse et d'autres où j'ai l'impression que j'ai pas mérité toute cette tristesse et que la vie c'est vraiment dégueulasse quoi. Parfois je me sens tellement forte et indépendante que je me dis que je pourrais partir seule à l'autre bout du monde (où de l'autre côté de la Manche c'est déjà pas mal) et deux heures après j'ai l'impression que même m'occuper de mon chat c'est insurmontable.

Fig 2. Dessin périmé depuis le 29/02

Je sais qu'une relation de 9 ans ça s'oublie pas comme ça et qu'en devenant adulte avec mon ex j'ai peut être légèrement zappé la partie "t'apprends à vivre toute seule comme une grande sans papa/maman".

Je crois que j'ai tout fait à l'envers. Je me suis installée avec mon copain à l'âge où tous mes amis prenaient leurs premiers appartements seuls comme des grands.

Et maintenant je me retrouve solo alors que tout le monde s'installe, se marie ou fait des marmots.



J'ai toujours eu une putain de culpabilité de m'être mise en couple à 17 ans. Je pense que j'avais déjà des prédispositions à la schizophrénie. Quand j'intellectualisais ma relation, je me disais qu'elle était vouée à l'échec parce qu'on était trop jeunes, qu'un jour il on aurait envie de connaître d'autres personnes, d'avoir d'autres histoires d'amour, et qu'il aurait mieux valu qu'on attende quelques années de plus avant d'officialiser notre couple.

Pourtant j'étais bien. On était bien. Un jour j'en ai discuté avec une amie qui m'a dit qu'il fallait plutôt que je vois ça comme une chance, que c'était des années supplémentaires avec lui que la vie m'avait offertes, et qu'au lieu de refaire l'histoire 106 ans je ferais mieux d'en profiter parce que c'était comme ça et puis c'est tout.

Fig 3. Ok en vrai le quotidien ça ressemblait plus à ça

Aujourd'hui je ne regrette plus cette histoire. On s'est aimés à 17 ans, on a fait un bout de chemin ensemble avant que nos routes ne se séparent. On a passé de belles années l'un avec l'autre. Je pense que si aujourd'hui je commence à tourner la page c'est parce que je n'ai pas de regrets. La vie de couple ne m'a pas rendu amère, soumise ou plus fragile.

J'ai eu la chance de vivre avec un garçon qui me respectait, soutenait mes projets, me rembarrait quand j'en avais besoin, prenait soin de moi quand j'en avais aussi besoin. J'ai pas eu à me remettre d'années d'indifférence ou d'humiliation.

Il m'a laissé dans l'état dans lequel il m'a trouvé à 17 ans, en un peu plus grandie et un peu moins utopiste.



Je vous promets qu'en écrivant cet article je suis passée par tous les stades décrits au premier paragraphe. Là je le termine en mode optimiste de la vie, no pain no gain, alea jacta est, holà que tal (cherchez l'erreur).

Mais si demain je vous écris un article au bord du suicide ne vous inquiétez pas. On se soigne.

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